25 septembre 2021
Ce dimanche 21 mars le Sénégalais Amadou Mahtar Mbow a eu 100 ans

Sénégal : Amadou Mahtar Mbow, un sage d’Afrique fête ses 100 ans

LÉGENDE. Grand témoin des soubresauts du XXe siècle, Amadou Mahtar Mbow fut le premier Africain à diriger l’Unesco. Aujourd’hui, ce grand homme fête ses 100 ans.

Soyez fidèles à l’Afrique. Soyez aussi des citoyens du monde (qui) est un. L’évolution a fait que nous sommes devenus solidaires. Cette solidarité implique que la justice soit appliquée à tous et que les inégalités disparaissent. Ça a été mon combat à l’Unesco. » Ces mots, pleins de sagesse, d’Amadou Mahtar Mbow ont une résonance particulière alors que le monde traverse une grave crise. Âgé de 100 ans, reconnaissable par son teint clair, son regard acéré devenu gris acier, au fil des ans et son port altier, Amadou Mahtar Mbow n’a jamais cessé d’éveiller les consciences. Celui qui a participé à tous les grands combats du vingtième siècle est célébré toute cette semaine au Sénégal avec en point d’orgue une cérémonie officielle organisée samedi 20 mars à l’occasion de son 100e anniversaire, et qui a réuni des personnalités dont le chef de l’État Macky Sall, au musée des Civilisations noires à Dakar. Les organisateurs de cet événement ont mis les petits plats dans les grands, avec une exposition qui retrace le parcours hors norme de cet homme dont l’héritage intellectuel ne se dispute pas seulement au Sénégal, mais bien au-delà tant sa longue trajectoire s’enracine dans chaque partie du monde qu’il a parcouru.

Une trajectoire d’intellectuel ouvert aux sciences et à la culture

Démobilisé à la fin de la guerre, il entreprend des études d’histoire et de géographie à la Sorbonne à Paris. Là son militantisme estudiantin et ses écrits, au sein de l’Association des étudiants africains, qu’il préside, puis de la Fédération des étudiants d’Afrique noire de France (FEANF), dont il fut l’un des principaux fondateurs, en fait l’un des fervents défenseurs de l’indépendance de son pays.

Un homme de consensus

Pour mémoire, son séjour à l’Unesco en pleine Guerre froide a aussi été marqué par le soutien apporté « à des mouvements de libération nationale, sa protection des artistes et de l’environnement, et surtout sa ferme mobilisation pour la sauvegarde des biens des peuples : leur entretien et leur inscription au patrimoine de l’humanité, et leur restitution à leurs pays d’origine », rappellent les organisateurs d’un colloque consacré à ce grand témoin.

Les intervenants ont à tour à tour souligné le combat mené par Amadou Mahtar Mbow pour notamment « un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication, la rédaction de l’histoire générale de l’Afrique, la circulation des biens culturels dans le monde et le dialogue des cultures ».

Par VIVIANE FORSON – JOURNALISTE